Me voilà à Phnom Penh, capital du Cambodge...c'est ici même que j'ai ouvert les yeux la première fois...
Plus le car s'approchait de la ville plus j'étais excité de voir cette ville que j'ai connu dans ma petite enfance.
Des souvenirs de cette ville je n'en ai, car né le 17 avril 1975...jours de la prise de Phnom Penh par les Kmers Rouges, ma mère a dû fuir quelques jours après ma naissance.
Ainsi c'est avec un regard neuf que je découvre la région,la ville, les quartiers, les avenues, les rues, ainsi que les habitants...
Constat...il y a tout à faire, c'est très pauvre, les rues sont dans de piteux états, les ordures jonches les rues, le systèmes d'évacuations des égouts "fonctionnent" très mal, ou bien est inexistant, les immeubles sont délabrés, mais à côtés de cela, les gens sont toujours souriants, prêt à vous aider sans aucune arrière pensé,, des immeubles...sont aussi en constructions, des enfants courent en tout sens, chahutent, c'est une ville qui ne demande qu'à ressuciter, à oublier ses vieux démons.
Paradoxe...elle conserve les stigmates de son très lourd passé...Tuol Sleng, une ancienne école construite par les français et transformée en la plus terrifiante prison du Cambodge sous le règne de Pol Pot, et ce jusqu'en 1979.
Aujourd"hui transformé en musée du Crime génocidaire.
Ainsi que le camp d'extermination de Choeung Ek appelé aussi S-21,situé à seulement 15 kms de la capitale, où près de 2 millions de Cambodgiens ont été "détruit" par les Kmers Rouges ,c'était le terme utilisé par ces derniers.
Je n'ai pas eu le temps de voir le vrai visage de ma ville natal, je suis "resté" dans le circuit touristique des visites des monuments, et autres musées, mais même en restant en marge de la vraie vie de Phnom Penh, la ville est imprégnée de cette force de vie, l'envie de sortir la tête de l'eau, l'envie de retrouver la prospérité à laquelle elle aspirait avant le génocide.
Tout en marchant dans les rues, j'imaginais ma mère marchant elle même dans ces mêmes ruelles, courant, jouant avec mon oncle et mes tantes, grandissant, étudiant, lorsqu"elle me parle de cette ville , c'est toujours avec nostalgie, la vie était belle, joyeuse, riche en tout sens...la vie...tout simplement...
Je ne vous cache pas que c'était avec une très grande apréhention que je me suis rendu au Camp S-21, les Kmers Rouges étaient très méthodiques, et ordonnés, anotaient tout, classifiait tout, comme un ancien régime en Europe...
C'est en voyant toutes ces atrocités commisent par le régime de Pol Pot, que je me rend compte de la chance que j'ai eu...
Dans ce camp, ils "détruisaient" tout le peuple cambodgien, sans aucune distinction de sexe...ni d'âge...
Les "outils" utilisés prennaient toutes les formes possibles et inimaginables, couteaux, haches, machettes, barre de fer, marteau, pieux, pioches, pèles, et j'en passe.
Une fosse commune était creusé, et les éxécutions se passaient juste au bord, généralement un coup porté au niveau de la nuque,et un besognieux finissait le travail en égorgeant la victime...
Je disais qu'il n'y avait aucune distinction ni de sexe...et d'âge...le plus dur reste à venir...
Pour les enfants, bébés, nouveau nés, il y avait un arbre "spécial", ils les attrapaient par les pieds, les jetaient ou bien les "fracassaient" contre le tronc.
Ou bien ils "s'amusaient" au bal trap...oui vous avez bien compris, ils jetaient les bébes dans les airs, et les tiraient comme des disques d'argiles...
Je ne sais si j'arrive à vous faire sentir le climat de ce pays qui cherche aussi à se réconcilier avec lui même, car à ce jour il n'y a eu aucun procès tous les anciens dirigeants sont libres, Pol pot à couler une "retraite" paisible à la frontière Thaïlandaise, décédé en 1998 sans auncune poursuite!
Les Kmers Rouges étaient des cambodgiens "fanatisé" par le système, ou bien enrolé de force, être la victime ou le bourreau, les cambodgiens ne soucient pas vraiment des besogniers, ils sont près, ils ont pardonné à ces derniers, mais ils ne comprennent toujours pas pourquoi, il n'y a aucun procès contre les dirigeants...je ne comprend pas...
Et le plus dur fut la prison Tuol Sleng, conservé quasiment en l'état, dans les cellules de tortures, il y a toujours les traces de sang qui ont imprégné les sols, les "outils" sont oujours là...j'ai presque l'impression qu'ils sont près à être utilisé à nouveau...
Des photos montres les cadavres torturés trouvé tel quel, les lits, chaises, sont restés, un silence règne dans toute l'enceinte.
La potence au milieu de la cour avec les jarres dans lesquelles se trouvaient du liquides nauséabond est toujours présente.
Il ne manque que les cordes qui servaient à suspendre les victimes par les bras qui se trouvaient dans leurs dos jusqu'à l'évanouissement, et ils trempaient leurs têtes dans les jarres pour les réanimer, afin de prolonger le supplice.
La pièce la plus marquante à mes yeux reste, celle ou sont exposés les photos des victimes...elles parlent d'elles mêmes...
J'arrète ici les descriptions morbides, pour vous et moi même, en laissant de côté les plus cruelles.
Comment après le génocide de la deuxième guerre mondial a t-on put laisser faire ça...?
Et cela continu de nos jours...il faut que l'on m'explique pourquoi...
Alors vous préférez ma lecture...ou mes photos...morbides!!
il faut resté positif...seul façon de ne pas sombrer...